L'imposition d'après la dépense en Suisse : Guide complet pour les résidents étrangers
Équipe de conseil Move to Switzerland
Conseil expert

Le régime d'imposition d'après la dépense en Suisse — connu sous le nom de forfait fiscal ou Pauschalbesteuerung — est l'un des dispositifs fiscaux les plus attractifs pour les ressortissants étrangers fortunés souhaitant s'installer en Suisse. Sous ce système, les personnes éligibles sont imposées en fonction de leurs dépenses courantes plutôt que sur leurs revenus et actifs mondiaux. Pour les particuliers fortunés, en particulier ceux ayant d'importants revenus mondiaux, cela peut se traduire par des obligations fiscales nettement inférieures à celles de l'imposition ordinaire.
Qu'est-ce que l'imposition d'après la dépense ?
Le forfait fiscal est un régime fiscal spécial accessible aux ressortissants étrangers qui établissent ou reprennent une résidence fiscale en Suisse et qui n'y exercent aucune activité lucrative. Au lieu de déclarer leurs revenus et leur fortune mondiaux, la base imposable du contribuable est déterminée par ses dépenses annuelles de train de vie en Suisse — incluant le logement, la nourriture, les voyages, l'éducation, le personnel et autres dépenses personnelles. L'impôt est ensuite calculé en appliquant les taux d'imposition ordinaires suisses (fédéraux, cantonaux et communaux) à cette base imposable réputée. Ce système fait partie de la loi fiscale suisse depuis plus d'un siècle et concerne actuellement environ 5 000 personnes en Suisse, générant plus de 900 millions de CHF de recettes fiscales par an.
Conditions d'éligibilité
Pour bénéficier du forfait fiscal, un demandeur doit répondre à trois critères fondamentaux. Premièrement, la personne doit être de nationalité étrangère — les citoyens suisses n'y sont pas éligibles. Deuxièmement, la personne doit établir sa résidence fiscale en Suisse pour la première fois, ou y revenir après une absence d'au moins 10 ans. Troisièmement, et c'est un point crucial, la personne ne doit exercer aucune activité lucrative en Suisse. Cela inclut l'emploi salarié, l'activité indépendante et la gestion active d'une entreprise basée en Suisse. Les activités passives telles que la gestion d'investissements personnels ou la supervision d'un family office (à condition que celui-ci ne génère pas de revenus de tiers) sont généralement autorisées. Le conjoint du demandeur doit également remplir le critère de nationalité — si l'un des époux est suisse, le forfait fiscal n'est pas accessible au couple.
Comment la base imposable est-elle calculée ?
La base imposable sous le régime du forfait fiscal est le montant le plus élevé entre deux calculs. Le premier correspond aux dépenses réelles de train de vie mondiales du contribuable et de sa famille. Le second est un calcul de contrôle — un seuil minimal conçu pour prévenir les abus. Au niveau fédéral, le revenu imposable minimum est fixé à 400 000 CHF depuis la réforme de 2016. Les cantons fixent leurs propres minimums, qui varient d'environ 250 000 CHF à plus de 600 000 CHF selon le canton. Le calcul de contrôle prend en compte plusieurs facteurs : la valeur locative (ou le loyer réel) de la résidence suisse du contribuable multipliée par un facteur (généralement de 3 à 7 selon le canton), les revenus de source suisse (par exemple, les revenus immobiliers suisses) et les revenus provenant de pays avec lesquels la Suisse a conclu une convention de double imposition où le contribuable revendique les avantages de ladite convention.
Montants minimums par canton
Les minimums cantonaux varient considérablement et constituent un facteur clé dans le choix du canton. Zoug exige un revenu imposable minimum d'environ 250 000 CHF, ce qui en fait l'un des cantons les plus accessibles. Schwytz fixe également son minimum autour de 250 000 CHF. Lucerne exige environ 300 000 CHF. Le Valais et les Grisons fixent des minimums autour de 400 000 CHF. Genève exige environ 400 000 CHF de revenu imposable minimum mais possède des taux d'imposition communaux plus élevés. Zurich exige environ 400 000 CHF et applique ses taux progressifs standards à la base réputée. Vaud, historiquement le canton comptant le plus de contribuables au forfait, exige environ 400 000 CHF. Berne a un minimum d'environ 400 000 CHF. Notez que plusieurs cantons ont aboli le forfait fiscal au niveau cantonal — Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Schaffhouse, Appenzell Rhodes-Extérieures et la ville de Zurich (bien que le canton l'autorise toujours dans certaines communes). Vérifiez toujours la disponibilité actuelle auprès des autorités cantonales.
Le processus de demande : Étape par étape
Le processus de demande suit généralement un parcours structuré. Lors de la phase de pré-demande, le futur contribuable travaille avec des conseillers qualifiés pour préparer un résumé détaillé de sa situation personnelle et financière, sélectionner le canton et la commune optimaux, et préparer des calculs préliminaires de la base imposable proposée. La demande formelle est soumise à l'autorité fiscale cantonale. Elle comprend un état détaillé des dépenses de train de vie prévues, une documentation sur la situation financière du demandeur, la preuve de la nationalité étrangère et une déclaration d'absence d'activité lucrative en Suisse. L'autorité cantonale examine la demande et peut engager une négociation sur la base imposable. Il s'agit d'une véritable négociation — l'autorité dispose d'un pouvoir d'appréciation et évaluera si la base proposée est raisonnable au regard du train de vie apparent et de la fortune du demandeur. Une fois l'accord conclu, une décision fiscale formelle (tax ruling) est émise, généralement valable pour une période définie. Le contribuable doit déposer une déclaration annuelle de ses dépenses pour maintenir l'accord.
Fiscalité forfaitaire fédérale vs cantonale
Il est important de comprendre que l'imposition forfaitaire s'applique à la fois au niveau fédéral et au niveau cantonal/communal. Au niveau fédéral, le revenu imposable minimum est de 400 000 CHF. Les impôts cantonaux et communaux sont calculés séparément, et chaque canton possède ses propres seuils minimums et ses propres taux. En pratique, le taux d'imposition effectif total sur le revenu forfaitaire varie généralement de 20 % à 35 % selon le canton et la commune, contre des taux marginaux supérieurs à 40 % pour les contribuables ordinaires à hauts revenus. Pour une personne ayant une base imposable négociée de 500 000 CHF, par exemple, la facture fiscale annuelle totale à Zoug pourrait s'élever à environ 100 000–120 000 CHF — une fraction de ce qu'elle paierait sur ses revenus mondiaux réels sous le régime de l'imposition ordinaire.
Avantages et considérations
Les principaux avantages de l'imposition d'après la dépense incluent des factures fiscales prévisibles et souvent nettement inférieures, aucune obligation de divulguer en détail ses revenus et actifs mondiaux, une conformité fiscale simplifiée et une protection contre l'impôt sur la fortune suisse pour les actifs non suisses. Cependant, il existe des considérations importantes. Les contribuables au forfait ne peuvent pas prétendre aux déductions accessibles aux contribuables ordinaires (telles que les cotisations de prévoyance). Ils ne peuvent pas bénéficier des taux des conventions de double imposition suisses inférieurs à leurs taux de retenue à la source domestiques dans tous les cas. Ils doivent réellement s'abstenir de toute activité lucrative en Suisse. Enfin, des référendums populaires ont contesté ce régime dans plusieurs cantons, créant un certain risque politique — bien que le vote fédéral de novembre 2025, où 78 % ont voté contre l'abolition du régime, ait considérablement renforcé sa sécurité à long terme.
Le forfait fiscal est-il fait pour vous ?
L'imposition d'après la dépense est particulièrement bénéfique pour les personnes disposant de revenus mondiaux élevés qui n'ont pas besoin de travailler en Suisse — typiquement les retraités, les investisseurs, les détenteurs de fortune familiale et les personnes vivant de revenus passifs issus d'entreprises hors de Suisse. Elle est moins adaptée aux personnes prévoyant de gérer activement une entreprise basée en Suisse ou à celles ayant des revenus mondiaux relativement modestes (où l'imposition ordinaire pourrait s'avérer moins onéreuse). Une analyse comparative détaillée — imposition ordinaire vs forfait fiscal — doit être préparée dans le cadre de votre planification avant immigration. Nous fournissons cette analyse dans le cadre de notre service de conseil pré-immigration, vous garantissant de prendre cette décision cruciale en toute connaissance de cause.
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